Mercredi 20/02 – Atelier relaxation La voi(e)x du corps par Julie

Un temps pour se recentrer sur soi, prendre le temps de renouer avec son corps, ses sensations et les vibrations apportées par la voix. Nous explorerons à travers la respiration, le souffle et la voix une autre manière d’être présent.e à soi et aux autres. Nous expérimenterons à travers divers petits exercices notre ancrage en le rendant encore plus solide et profond.
Une des explorations se sera aussi de libérer notre voix à travers un ou plusieurs chants que vous pourrez proposer pour ce temps d’atelier.

Mercredi 20 février, de 18h30 à 20h.

Court-métrage/Témoignages et discussions sur l’accueil et l’hébergement à Amiens

Quel accueil par l’ASE (Aide sociale à l’enfance) pour les mineurs non accompagnés à Amiens et quel accueil des majeurs via la Samu Social (115) ?

Nous projetterons “Ancrages”, un court-métrage de Florence Acloque, puisà partir de témoignages et d’expériences de mobilisation menées depuis plusieurs années sur Amiens, nous échangerons sur les modalités d’accueil et la situation à Amiens.Quel accueil par l’ASE (Aide sociale à l’enfance) pour les mineurs non accompagnés à Amiens et quel accueil des majeurs via la Samu Social (115) ?.
A partir de témoignages et d’expériences de mobilisation menées depuis plusieurs années sur Amiens, nous échangerons sur les modalités de l’accueil déroule à Amiens.

Le Ministère est ouvert !

Après une occupation discrète d’une semaine, le squat solidaire Le Ministère a été « officialisé » hier. Nous avons ouvert les portes du lieu à midi, après avoir invité nos ami.e.s, réseaux, connaissances. Ce fut un beau succès, puisque jusqu’à une centaine de personnes sont passées !
Nous avons mangé et discuté ensemble à une soixantaine de personnes en début d’après-midi, et avons expliqué notre démarche, nos envies et nos revendications aux médias (le Courrier picard, France bleu ainsi que France 3 Picardie). Vers 14h, une représentante de l’État, qui a refusé de décliner son nom et sa fonction, est passée pour nous intimer l’ordre de partir. Nous lui avons opposé notre droit à réquisitionner ; quand elle est arrivée à cours d’arguments, elle est partie en nous menaçant de revenir avec les forces de l’ordre. Nous avons continué la journée ensemble, quand la police est arrivée vers 16h30. Ils ont coupé le cadenas du portail, sont entrés dans la cours et ont tenté de pénétrer dans le bâtiment. Nous leur avons parlé depuis une fenêtre au premier étage ; ils prétextaient qu’il y avait flagrant délit de dégradations volontaires pour rentrer de force. Comme nous savions que cela était faux, nous avons refusé que la police puisse entrer malgré l’intimidation et les menaces (« je peux mettre une cagoule et enlever mon insigne et ça va être vite réglé » nous dira un policier). Après avoir parlementé avec eux et discuté avec notre avocat, nous avons accepté que la représentante de l’État et des expertes entrent pour qu’ils puissent constater l’occupation, et même si ils ne l’ont pas avoué, ont dû admettre qu’il n’y avait pas de dégradation, puisqu’ils n’ont pas demandé de signer de procès-verbal. Nous avons aussi dû donner nos identités, et ceux qui acceptaient d’être sur la procédure ont pu dire que leur adresse de domiciliation était le 2 rue Debray. En effet, une procédure en référé au tribunal administratif devrait être lancé. Ils sont ensuite repartis et la journée a pu continuer. À 19h, nous avons tenu une assemblée générale ouverte où nous avons échangé sur l’avenir de ce lieu, ce que nous comptons y faire et comment accueillir de nouvelles personnes ayant besoin d’hébergement.
Maintenant que nous savons que notre occupation est connue, nous allons pouvoir mettre en place les futurs ateliers, événements et moments de rencontre. Déjà plusieurs personnes nous ont proposé leurs idées, et sachez que nous sommes ouverts à toutes vos initiatives. N’hésitez pas à nous contacter sur l’adresse mail, le facebook ou en venant nous voir directement ! Restez connectés, une liste des besoins matériels ainsi qu’une programmation vont prochainement être diffusées.

Merci à tous ceux qui sont venus, qui nous ont aidés.
Le collectif La Brèche et le KASS.

Communiqué du 19/01/17 lors de l’ouverture de la Maison Cozette

 

Le collectif La Brèche, fonctionnant en autogestion et n’ayant pas de porte-parole, choisit aujourd’hui de s’exprimer sous la forme d’un communiqué, dans la volonté de faire entendre sa voix alors que pèse fortement sur le lieu qu’il occupe, la Maison Cozette, un risque d’expulsion.

Afin de faire comprendre le sens de notre occupation, nous pensons qu’il est nécessaire d’expliquer l’origine du collectif et ce qu’il a réalisé jusqu’à aujourd’hui.

C’est de la rencontre, pendant la mobilisation contre la loi travail, de personnes d’horizons différents (étudiants, précaires, militants, salariés) qu’est née l’envie ou plutôt l’expression d’un besoin de pouvoir se retrouver, s’auto-organiser mais aussi s’ouvrir aux autres au sein d’un lieu qui ne limiterait pas nos possibilités. Ce lieu aurait donc l’ambition de poursuivre les débats et d’élargir la “critique” à plus de sujets après la fin du mouvement social.

La Maison Cozette, située place Vogel, léguée à la ville d’Amiens par M. Cozette afin de contribuer à “l’extinction de la mendicité”, mais laissée à l’abandon depuis 2004, jusqu’à sa vente prochaine à un grand promoteur lillois, semblait le lieu idéal, de par son positionnement et sa superficie. La réappropriation de ces locaux placés en centre-ville d’Amiens avait d’autant plus de sens, alors que la gentrification tend toujours plus à exclure les pauvres du cœur de la ville.

Ce vaste lieu allait donc répondre à de nombreuses attentes : tout d’abord en terme de logement, mais aussi en terme d’espace disponible riche en possibilités (réalisation d’ateliers, concerts, réunions, projections, débats, etc…) que nous souhaitions proposer à tous.

Le 1er octobre 2016 a eu lieu l’inauguration de la Maison Cozette avec sa première ouverture au public, qui fut un franc succès (bien plus d’une centaine de personnes pour ce premier soir). Très rapidement, un planning est mis en place et de nombreuses idées se concrétisent. Tout d’abord des ateliers d’écriture, d’expérimentation photo, de collages, de marionnettes, des répétitions de troupes de théâtre et de groupes de musique, des cours de philosophie, d’arabe, d’espéranto, de yoga, d’arts martiaux, activités auxquelles s’est ajoutée la mise en place d’une bibliothèque de prêt.

Ces ateliers ne sont pas nécessairement réalisés par des habitants du lieu, mais souvent par des personnes qui, bien que ne vivant pas sur place, s’investissent régulièrement dans ces locaux. Car cette ouverture à l’extérieur se fait dans les deux sens : si nous avons proposé de nombreuses choses, rien n’aurait été possible sans le soutien actif de nombreuses personnes qui nous ont aidé à réhabiliter le lieu, nous ont fait de très nombreux dons (meubles, objets du quotidien, mais aussi très simplement de la nourriture) et nous apportent régulièrement une aide dans l’organisation générale.

Par ailleurs, le collectif La Brèche met également à disposition de différentes associations politiques et syndicales des espaces de réunion, choix qui s’explique autant par la volonté du collectif de s’engager politiquement que celle d’offrir une réponse au choix de la Mairie qui veut rendre payante aux associations et syndicats l’utilisation des salles municipales. Mais cet engagement n’est lié à aucun parti politique ; le collectif porte sa voix lui-même, reste indépendant et refuse catégoriquement qu’on puisse parler en son nom sans que cela n’ait été décidé collectivement.

En accord avec nos motivations initiales d’accès du lieu à tous, nous organisons également des événements réguliers tels que des concerts, des projections, des conférences gesticulées, dont l’entrée et les repas sont souvent soit gratuits, soit prix libre (chacun donne ce qu’il peut, ce qu’il veut), soit plus rarement à petit prix (3euros maximum).

Au-delà d’être un lieu de passage régulier, de rencontre et d’échange, la Maison Cozette représente aussi pour beaucoup une première expérience ou une découverte du squat. Ce lieu permet aussi de dépasser les idées préconçues véhiculées par les médias et l’opinion publique sur le sujet. En effet, les squatteurs sont bien plus souvent animés par la volonté d’entretenir et de faire vivre par des projets productifs l’espace qu’ils occupent plutôt que de le dégrader et le rendre insalubre.

Insensible à cette énergie, la Mairie a assigné au palais de justice les habitants de la Maison Cozette le 19 octobre 2016, en même temps que les Goodyear. La Mairie n’ayant pas saisi la bonne chambre du tribunal, elle dut retirer son assignation. Par la suite, une nouvelle audience a été programmée pour la date du 12 décembre, dont le délibéré a été rendu le 9 janvier 2017 : le lieu est désormais menacé d’expulsion à partir du 30 janvier et ceci sans tenir compte de la trêve hivernale. Une forme de pression est ainsi exercée sur le collectif mais nous ne freinerons pas pour autant nos activités.

Ce n’est pas ce climat d’incertitude qui empêchera le collectif La Brèche de rester actif : nous poursuivons la programmation et sommes toujours intéressés par la mise en place de nouveaux ateliers et événements. De nouvelles dates de concerts, des projections ainsi que des conférences gesticulées sont en cours d’organisation.

Avec votre soutien la Maison Cozette peut survivre, elle se nourrit de l’énergie des personnes qui la visitent, la fréquentent, s’y réunissent, qui y festoient, y débattent, y cuisinent, y étudient, y bricolent… et surtout du soutien des prochains qui franchiront ses portes.

Ouverture du Ministère, squat autogéré à Amiens ouvert au 2 rue Debray

Nous sommes chômeur-e-s, SDF, étudiant-e-s, travailleur-e-s avec ou sans papiers c’est-à-dire précaires avant tout.
Certains d’entre nous sont dits en situation « irrégulière »sur le territoire français et sont par là exclus du droit au logement.
Nous refusons d’être isolés et divisés par les politiques et d’être intimidés par la menace d’un « délit de solidarité » toujours existant. Au contraire, nous défendons la solidarité, le partage, et donc la vie en collectif.

A Amiens, environ 7000 logements sont vacants : du patrimoine immobilier, laissé à l’abandon par le système capitaliste et étatique, plus intéressé par la spéculation que par l’hébergement.

Face à la politique culpabilisante et répressive envers les pauvres et les minorités, nous le Collectif La Brèche et le KASS choisissons le squat comme moyen de survie quotidienne.

Ce lieu de résistance et d’expérimentations sociales, politiques et artistiques se veut un espace ouvert et collectif.
Au-delà d’un lieu de vie c’est un lieu d’autogestion, d’entraide, d’échanges culturels, et de rencontres.

Tant que l’État, la Mairie d’Amiens et le Conseil Départemental ne respecteront pas les droits à la dignité de tous en proposant des places d’hébergement pour ceux qui le demandent, nous ouvrirons celles-ci nous-mêmes.

En marche… arrière contre la spéculation immobilière et les politiques anti-sociales !